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L'investissement sauvera les épargnants, les assureurs ... et l'Etat

C'est l'histoire de trois addicts aux fonds en euros qui prennent conscience d'être bientôt privés de la substance consommée sans modération depuis plus de 30 ans ! Pire encore, chacun découvre que la situation peut tourner au cauchemar avec une saignée des épargnants comme on n'en connaît qu'en période de guerre ou de grande dépression économique, la faillite des assureurs les moins solides et un Etat privé d'une source substantielle de financement.

Laissons aux spécialistes l'analyse du « comment en est-on arrivé là ? » et « pourquoi le modèle s'écroule ? » avec notamment cette malencontreuse simultanéité entre, d'une part, des taux d'intérêts si bas qu'ils n'offrent plus de rémunération et d'autre part, une régulation accrue qui contraint les gestionnaires dans leur quête de performances.

Comment sortir de cette situation schizophrénique ?

Les réponses entendues ici ou là sont souvent illusoires. Par exemple, celle consistant à orienter les épargnants vers des placements plus risqués alors que nombre d'entre eux ont un profil investisseur de type « aversion aux risques » !

Certainement pas non plus avec les fonds euro croissance qui se voudraient le trait d'union entre un monde « à priori » sans risques (les fonds en euros) et un univers d'investissement risqué. Dire qu'une garantie est octroyée à terme revient à dire que ces fonds sont risqués puisqu'une sortie « anticipée » peut conduire à une perte. De fait, les fonds euro croissance ne conviennent pas aux épargnants rétifs aux risques.

Sortons de l'ambiguïté et n'ayons pas peur de placer les épargnants en face des réalités du monde qui les entoure.

Notre « chance » est que le contexte actuel est historique en ce qu'il contient tous les ingrédients prérequis à une réforme audacieuse :

  • d'un côté, on a des épargnants dont l'essentiel des actifs financiers non risqués ne pourra plus être correctement rémunéré dans les années à venir ; et dans l'absolu, il n'existe actuellement aucune alternative de masse.
  • de l'autre, on aura l'année prochaine des gouvernants renouvelés ou reconduits qui risquent de ne pouvoir tenir leurs promesses de campagne pour la simple et bonne raison que les finances publiques sont exsangues et sans perspectives de rétablissement à court-moyen terme

La solution est de faire converger ces deux mondes sur un projet qui permette à la fois au « citoyen épargnant » de faire fructifier son épargne et de l'autre, un exécutif et des parlementaires qui puissent véritablement orienter l'épargne vers une politique d'investissements massifs pour répondre aux attentes de la nation ... et relancer l'économie sur des bases saines.

La convergence ne peut se faire que sur des thèmes consensuels qui amélioreront le « mieux-vivre » local et individuel du citoyen ; ils sont innombrables et par exemple :

  • pour la sécurité des personnes et des biens, qui est contre l'idée de renforcer les moyens des forces armées et de sécurité ? Ce qui suppose de renouveler et d'améliorer de nombreux équipements

  • en matière d'urgences de santé, qui s'oppose à ce que chaque citoyen soit à moins de 45 minutes d'un hôpital de haut niveau ? Ce qui nécessite d'une part, de rénover et redéployer l'offre de soins et, d'autre part, de repenser les modes d'acheminement vers ces centres avec des moyens performants et rapides

  •  pour une vraie transition énergétique, qui n'arrive pas à la conclusion qu'elle doit se faire à marche forcée pour être une réussite, à l'image des grands tournants des années 70 que le pays a su prendre pour le déploiement du téléphone fixe, la production d'électricité d'origine nucléaire, la création de liaisons rapides par le fer et la route etc ?

  • qui n'est pas conscient de la nécessité urgente de revoir en profondeur le système pénitentiaire et de créer enfin une offre psychiatrique dont relèverait près d'un détenu sur deux ?

  • qui peut se satisfaire des structures d'accueil actuelles pour la petite enfance, pour l'école, pour l'enseignement professionnel et supérieur et pour les personnes âgées ?

  • en matière d'innovation, qui n'est pas d'accord sur la nécessité de renforcer massivement les capacités de recherches en France et de mieux structurer les échanges entre le monde du public, du privé et de l'industrie ?

      ...

L'enjeu financier est considérable et représente plusieurs centaines de milliards d'euros d'investissements à engager dans les 10 ans qui viennent.

Evoquer de tels chiffres revient immédiatement à penser à l'assurance vie et aux 1 500 milliards d'euros qu'elle y abrite, dont une bonne part sous forme de fonds en euros !

Comment pourrait se dérouler le fléchage de l'épargne assurantielle vers l'investissement :

  • pour une fois, faisons simple en partant de ce qui existe déjà, sans recréer une énième forme de contrat
  • créons au sein des contrats d'assurance vie une nouvelle forme de supports financiers permettant d'apporter les capitaux nécessaires à ces investissements ; ce support nouveau cohabiterait avec ceux déjà existants (les fonds en euros, les OPCVM, les ETF, les supports immobiliers ...)
  • ces nouveaux supports seraient donc immédiatement accessibles par arbitrage (modification de l'allocation actuelle du contrat) et par versement de capitaux nouveaux
  • techniquement, ces supports reprendraient certains aspects du système de PPP (Partenariat Public Privé) déjà utilisé lorsque l'Etat ou une collectivité ne peuvent financer des investissements décrétés prioritaires (par exemple des autoroutes, des infrastructures ferroviaires, des prisons, le nouveau ministère de la Défense ...). La différence serait que, en lieu et place des financeurs que sont les entreprises de travaux publics et de gestion d'infrastructures, ce serait ces supports financiers qui apporteraient les capitaux.
  • l'Etat et les collectivités rembourseraient progressivement ces « prêts » avec payement d'un intérêt ; on peut même imaginer introduire une garantie de bonne fin sous une forme à définir
  • selon la nature des investissements, au bout de la période, on a soit des équipements amortis et obsolètes ... qui pourraient être renouvelés (par exemple, des matériels pour la Défense), soit des infrastructures et équipements qui seront transférés à leurs commanditaires ... ou rénovés dans le cadre d'une nouvelle phase d'investissements

Les assureurs se trouveraient donc au cœur du projet, à eux d'être force de proposition. Ils ont 12 mois pour organiser des rencontres avec tous les acteurs de la vie politique et sociale et les associations de consommateurs et d'épargnants. Qu'ils interrogent leurs propres Clients, qu'ils soient actifs sur les réseaux sociaux. Qu'ils mettent en évidence les points réglementaires, juridiques et fiscaux permettant une bonne fluidité de ces stocks. Que des synthèses soient faites et qu'elles soient soumises à tous les partis politiques qui présenteront des candidats à l'élection présidentielle de 2017 et aux législatives qui suivront pour qu'ils se prononcent sur les propositions formulées et indiquer ce qu'ils feront si ils sont élus.

Oui, l'assurance vie peut continuer à être le placement privilégié des Français mais pour des raisons plus objectives qu'un cadre fiscal avantageux et un cocon dénommé fonds en euros. Le détenteur d'assurance vie « à la française » endosserait désormais le double statut enthousiasmant d'acteur et bénéficiaire du renouveau économique de la France.

François LENEVEU
Co-fondateur et Président du Directoire
de la société Altaprofits

Article Newsletter du LAB - juin 2016

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